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Trop du culte : AEONS – Hegire

1999/Autoproduction

Groupe très prometteur dont les qualités n’avaient pas échappé à la presse spécialisée (Hard’n Heavy l’avait placé au rang des meilleurs espoirs français en 2002), Aeons est un pur produit de la scène métal nordiste, avec tout ce que cela peut induire d’aptitude à innover et à surprendre. Ce qu’ils ont pu démontrer avec Supergreen, leur 1e album sorti en 2OO2), les membres d’Aeons l’avaient largement fait entrevoir avec Hegire, leur 1e démo 3 titres (1999). Rien que le morceau inaugural, « One step travel », constitue un magnifique pavé de 5 mns, où l’on s’en prend plein la tête, et qui donne à cette démo un aspect collector mais surtout indispensable puisqu’il ne figure pas dans Supergreen. Véritable morceau d’anthologie, « One step travel » est comme son nom l’indique un véritable voyage,  à la fois rageur et onirique, alternant déferlante de riffs forçant le headbanging et passages mid tempo permettant au morceau de s’aérer quelque peu, tout en mettant en valeur les parties plus déchaînées. A cela s’ajoute un clavier conférant un aspect électro qui sied parfaitement au reste, et qui contribue largement à l’ambiance futuriste du tout, qui est également façonnée par certains effets sur la voix. Au niveau de celle-ci, le chanteur oscille entre parties death à la Stéphane Buriez et parties en voix claire, le mélange s’avérant très efficace, d’autant plus que le 3e aspect décrit auparavant, les plans avec effets, s’intercalent parfaitement dans l’ensemble. Le résultat est remarquable, on pense globalement à Loudblast ou SUP pour les influences (rien d’étonnant pour un groupe basé à Dunkerque) mais, au niveau du résultat même, on peut par exemple rapprocher « OST » d’un autre morceau d’anthologie, « Mirror’s paradise » de Kovenant (dans Animatronic): même éclectisme, même diversité, même changements de tempo, même variations déroutantes dans la voix, et donc même conséquence, un air qui reste dans la tête sans arrêt. Ceci dit, Aeons est largement assez créatif pour que l’on le considère comme géniteur de sa propre musique, personnelle et inventive! Pour ma part, si je devais partir sur une île déserte avec une compil d’une vingtaine de titres, ce morceau y trouverait sa place sans problème! Les choses se poursuivent dans le même esprit avec « Djihad » (que l’on retrouve dans Supergreen, dans une version un peu remaniée), qui déboule tel un rouleau compresseur grâce à la double d’Arnaud (SALUT ARNAUD!!!) et à un riff une nouvelle fois très efficace. A l’instar du premier morceau, « Djihad » est très entraînant grâce à des lignes mélodiques très judicieuses, des rythmiques puissantes et un chant versatile à souhait. Je crois me rappeler que le groupe appréciait beaucoup un groupe comme The Gathering, et à écouter la fin de « Djihad » il ne fait aucun doute que l’évolution des néerlandais n’a pu que le ravir. En effet, ce 2e morceau se conclut par une partie très atmosphérique, annonciatrice de la teneur du 3e et dernier morceau d’Hegire, pièce de 6 mns pendant lesquelles se développe une ambiance très calme, très éthérée, envoûtante et hypnotique, où l’on ne retrouve aucune attaque frontale, aucun cri, aucun riff dévastateur. Témoin des facultés d’Aeons à maîtriser son sujet, « Alcyone 8 » est également la démonstration de l’éclectisme du groupe et de la diversité de son orientation musicale. Supergreen confirmera en 2002 cette alternance entre agressivité et sérénité, pour un résultat encore une fois très probant.

Verdict: énorme! On attend la suite, apparemment plus ou moins imminente, avec impatience.

Syl Alba (publié à l’époque sur Yargla sous le nom de Sacha Disto)

Site officiel

Fiche Encyclopaedia Metallum

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