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Coilguns – Kunz (Split 2011)

 

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Autoproduction/2011

Permettez-moi d’avoir la banane puisque c’est le 1er split que je chronique pour Yargla… Et non des moindres puisque certains musiciens des deux groupes en question (Coilguns et Kunz) sont issus du groupe, que dis-je, du collectif The Ocean. D’emblée, on se demande légitimement si la musique de ces deux projets ressemble ou au contraire se démarque de celle du giron familial; question à laquelle on peut sans trop prendre de risques répondre par l’affirmative, même si l’un (Kunz pour ne pas le citer) est clairement plus en marge que l’autre.
L’autre, justement, c’est Coilguns, dont les 3 titres ouvrent le bal. Riches en riffs, ces morceaux sont pour autant très directs, pêchus et pour le moins efficaces. Si je n’avais peur que ce soit mal interprété, je dirais que le mathcore n’est pas loin, tant la profusion de plans barrés n’a d’égale que leur complexité, mais Coilguns réussit la gageure de ne pas être hermétique et donc de se révéler accessible (pour une oreille habituée/avertie s’entend!) Le tempo de ce hardcore mathcoreux est globalement élevé mais les zikos ont su ménager des parties plus ambiantes (« Phersu ») pour aérer un peu l’ensemble, idée judicieuse s’il en est, qui pourra même s’avérer salvatrice en cas de skeud longue durée. L’auditeur bénéficie ainsi d’accalmies qui lui permettront d’apprécier encore plus les nouvelles accélérations. Lorsque les morceaux sont plus courts, le besoin d’air se ressent moins et on est ravi de se prendre les 3’27 de « Kachinas » pied au plancher (pour info, « Phersu » dure quand même presque 2 minutes de plus).
De telles considérations n’ont pas vraiment lieu d’être avec Kunz puisque le combo suisse (à ne pas confondre avec le couteau du même nom, encore que le duo possède plusieurs cordes à son arc…), après un « Flow » inaugural de 5 minutes, torche les 3 autres titres en moins de … 6 minutes! Paradoxal à première vue pour un groupe gravitant dans les sphères d’un post-core/noise « à la Neurosis » (je schématise, n’étant pas un spécialiste du genre); d’un autre côté, quand on y regarde de plus près, on peut également penser qu’il n’est pas si incongru de faire court dans un style qui laisse habituellement un certain nombre de fans potentiels sur le bord de la route pour cause de morceaux à tiroir (pensez à une vieille commode du XVIIIe siècle, qui met des plombes à s’ouvrir avec un insupportable grincement en prime) qui nécessitent beaucoup de temps (d’un coup j’ai les 8mn35 de « Under the Surface » de Neurosis qui passent la tête hors de l’eau en guise d’exemple) pour vous marquer de leur empreinte… Majestueux pour certains, fastidieux pour d’autres… Quoi qu’il en soit, Kunz taille sa route à la croisée des chemins, dans une expérience qui fleure bon la sincérité et s’avère à des années-lumière des choix musicaux mercantilistes qu’il nous arrive de rencontrer (attention, je vais employer une expression que j’aime bien) plus souvent qu’à leur tour.
Nous voici désormais avec deux entités qu’il faudra surveiller de près à l’avenir, chacune très prometteuse dans son créneau. De là à souhaiter que The Ocean (ou d’autres projets dans lesquels ces musiciens seraient éventuellement engagés) prennent souvent des vacances, il y a un pas que je ne franchirai pas (étant par ailleurs fan de l’Océan ainsi que de ses magnifiques t-shirts!), mais il est néanmoins à souhaiter que l’envie de se réunir pour Coilguniser ou Kunzer les prendra très régulièrement dans un futur plus ou moins proche ! 

Syl Alba (chronique postée à l’époque sur Yargla Webzine, sous le nom de Sacha Disto)

Un petit tour sur le Reverbnation de Coilguns, c’est ici, le site de Kunz, c’est

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