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Coilguns – Stadia Rods (2012)

2012/Hummus Records

Version courte : J’ai foutu ça sur mes oreilles pour aller courir et c’était vachement bien.

Version longue : Jonathan Nido est né en 1985 (?) (on dirait) dans la mystérieuse bourgade de Le Locle (?) (on vient de vous dire qu’elle était mystérieuse, on n’est pas sûr du coup). Luc Hess se rendit pour la première fois seul chez le boulanger à l’âge de trois ans et demi et tomba immédiatement amoureux des baguettes. Louis Jucker est fou. Un jour, à onze heures ans, tandis qu’il cheminait vers sa maison, Jona remarqua que les nuages s’étaient amassés de telle façon qu’ils formaient un médiator diabolique (mais vous savez ce que c’est avec les nuages hein, chacun voit midi à sa porte, d’ailleurs j’ai une tante qui me disait toujours : « Dis donc Syl Alba, … » Et je m’arrête là car nous opterons finalement pour la version intermédiaire*).

Version intermédiaire : Voici la dernière étape de notre rétro Coilguns, qui nous aura permis de faire un petit tour d’horizon de leur déjà copieuse discographie avant de se pencher sur le petit nouveau, Millenials, tout ça une semaine avant le passage du trio infernal dans le fief d’Albacore, Boulogne/Mer. La seule différence entre les trois autres reviews et celle-ci est que les premières datent de mon époque Yargla Webzine alors que celle de ce premier EP va naître 24h avant celle du tout nouvel album (c’est mon binôme Hugh Grunt qui l’avait chroniqué pour Yargla à l’époque). Il n’est jamais trop tard pour bien faire, et une fois lancé, il faut battre Lucifer pendant qu’il est chaud.

Intercalé entre ses deux premiers splits (avec Kunz en 2011 et les mabouls de Never Void en septembre 2012), Stadia Rods est à l’image des autres sorties du trio helvétique un disque bouillant, bouillonnant, foisonnant (d’idées, de riffs, de cris, d’ambiances déstructurées, de pains dans la gueule bien directs, bref, il y a de quoi faire le dimanche après-midi). Ça commence comme on aime, on ouvre l’enveloppe et les enfoirés l’ont bourré d’anthrax, énorme son, chant surpuissant (j’en ai marre d’utiliser ce qualificatif mais il a été créé pour des gosiers comme celui de Louis Jucker, dont la prestation est d’ailleurs radicalement différente de celle dont il nous gratifie sur Millenials), on se prend une tarte au plexi dans les naseaux dans un tumulte qu’on pourrait affubler du sobriquet de « Metalcore dans le sens noble du terme ». Mais Coilguns se fait chier quand il envoie la brique comme le groupe de stéroïdés du coin de la rue (enfin, quand vous habitez à New York) et évidemment les structures et les tempi sont déjà bien diversifiés pour obliger l’auditeur à être continuellement vigilant. Le sludge n’est jamais très loin non plus, et certaines parties de « Parkensine » nous infligent de superbes (?) tortures typiques du style, et nous pouvons émettre la même remarque pour ce qui est des plans mathcore. Maintenant, sans forcément passer par un track-by-track, nous allons poursuivre, si vous le voulez bien, ou surtout si vous le pouvez encore, car « Parkensine » a un petit défaut, c’est qu’il a du mal à laisser les gens indemnes. Y’en a à qui il faut répéter continuellement « Laisse-les tranquilles ! », bah ici c’est « Laisse-les indemnes ! »
Mais il ne veut pas, qu’est-ce que vous voulez.

Au gré de cette balade bucolique, vous aurez donc le loisir d’entendre quatre grosses pièces, après la courte bluette « Zoetropist » qui aura achevé 90% des 10% d’auditeurs ayant survécu jusque-là (faites un effort les gars, on n’est qu’à la 2e piste !) en leur décochant des uppercuts dans la mâchoire, des flèches dans le cul (oui oui) et des doigts dans l’œil (oui, ça se dit, « décocher des doigts dans l’œil ») en un temps record d’une minute et quarante-trois secondes (un mini-« Parkensine » en somme, Coilguns en mode roquet ça ne pardonne pas). Parmi ces quatre pavés, on nous en sert deux à l’ambiance contemplative, mais vous pouvez d’ores et déjà oublier le regard vague qui scrute l’horizon sur le bord de la mer, ici clairement ce qu’on contemple c’est au moins la fin du monde vu l’incandescente lourdeur de « In The Limelights » et « The Shuftan Process Part II », qui clôt ce disque infernal et se termine lui-même par une chevauchée fantastique et tellurique, ma foi bienvenue puisqu’entre les deux pistes c’est pas loin d’une douzaine de minutes de misérabilisme de haute volée qui vous poussent subrepticement à enfiler votre maillot de bain avec des petites flammes et à sauter du plongeoir pour piquer une petite tête dans le Styx. Donc, quelque part, la même chose mais à la vitesse du son, c’est pas beaucoup plus pimpant mais ça permet d’abréger les souffrances, d’en finir une fois pour toutes. Sulfureux, vous l’aurez compris. Bien engoncés dans leur canapé décharné, entre les deux morceaux susnommés, « Witness The Kern Arc » et la première partie de « The Shuftan Process » font office de petits frères turbulents et chopent tout ce qui leur passe sous la main pour vous démolir, alternant déferlante de powerchords/dissonances en guise de ponctuation/riffs mathcore pour éradiquer le mal (quel mal ? On ne sait pas, mais ils veulent éradiquer, ça les occupe), le tout pied au plancher, voilà ma p’tite dame, je vous mets un peu de Mastodon, un peu de TDEP, un peu de Converge…

Et surtout beaucoup de Coilguns. Tant dans l’avalanche d’idées que dans l’agencement et la mise en place des structures, la patte du groupe est marquante et il paraît difficile, quand vient l’heure du bilan, d’ignorer la singularité du trio et de voir à quel point il dessine sa propre destinée sans se mêler à une quelconque mouvance. Il faut dire, Coilguns se meut déjà bien assez tout seul, et tout le temps, en plus. On perçoit, à travers certaines plages calmes par exemple, à quel point, malgré les apparences, leur infini éclectisme et leur ouverture d’esprit leur permettent d’évoquer d’autres sphères musicales que le métal tout en utilisant ses ingrédients (« In The Limelights », qui pourrait assurément séduire en version acoustique ou juste plus soft). D’ailleurs, l’un des genres que nous n’avons pas cités, le post-métal, tient également une place prépondérante dans l’univers de Coilguns… Il serait bien vain de tenter d’être exhaustif pour établir la liste de leurs influences et des catégories de rock ou métal audibles dans leurs disques, d’une part parce que ce serait trop long, d’autre part parce que ça évolue tout le temps. C’est sur cette idée d’évolution permanente que nous allons poser la plume (de phénix, bien sûr, Coilguns se réinventant systématiquement) aujourd’hui, en vous invitant chaleureusement à aller vérifier si elle est toujours d’actualité puisque cette chronique « flashback » va être postée la veille de celle de leur toute nouvelle offrande, Millenials, leur second album. Long live Coilguns !

Syl Alba

Allez écouter le carnage sur le Bandcamp !

*Pour les déçus, cette histoire incroyable sortira vraisemblablement en biopic, Blu-Ray 3D et encart de Pèlerin Magazine aux alentours de 17h.

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