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Trop du culte : DISPHORIA – Sleep And Fly Away… You’ll Be Tortured Forever

dispho

Galy Records / 2004

Les toulousains de Disphoria nous envoient ici un sérieux avertissement… Personnes fragiles s’abstenir, et pas seulement les gens cardiaques ou les femmes enceintes. Il faut en effet avoir le coeur bien accroché pour supporter la terrible onde de choc que représente ce 1er album Sleep And Fly Away… You’ll Be Tortured Forever, sorte de grand huit diabolique qui vous défonce la tête par ses accélérations mais aussi ses changements de rythme laissant présager le pire. Globalement on peut classifier la bête dans la redoutable espèce « Deskorus Dantoncranum », mais malheureusement (ou heureusement pour ceux qui aiment se faire mal) les dégâts ne s’arrêtent pas là, la dite bête se révêlant être en fait un monstre hybride issu du croisement malsain entre une base deathcore et des ingrédients grind, emo, screamo ou rock (le dernier morceau évoquant même brillamment l’ombre d’un Pearl Jam). Le tout est incroyablement puissant et efficace, et il faudrait une minerve en acier trempé pour s’abstenir de headbanguer comme un malade sur les assauts répétés et destructeurs du quintette de la Ville Rose. Ici l’expression « mélange de genres » prend tout son sens, non dans ce que cela peut revêtir de gênant (autisme, difficultés d’approche, démonstration stérile, parties trop rébarbatives pour le métalleux/hardcoreux de base (rien de péjoratif là-dedans cependant), etc …), mais dans ce que cela peut susciter au niveau émotion, plans surprise, chemins de traverse, parties déstatbilisatrices, autant d’éléments vous permettant de reprendre votre souffle et de vous aérer l’esprit, la finalité étant de toutes façons toujours la même: se prendre une grosse volée. Laissez-vous donc guider par Julien, vocaliste versatile enchaînant à la perfection cris perçants/complaintes menaçantes/litanies gutturales/chants cristallins/borborygmes ravageurs. Celui-ci se pose véritablement comme la cerise sur le gâteau concocté spécialement par Mamie Moshpit, qui sous la torture (12h de Pascal Sevran reprenant du Judas Priest, le tout passé a l’envers, le message subliminal ultime) a accepté de révéler la recette d’un tel mets de choix: une grande louche de riffs lourds et dissonnants, trois cuillères à soupe de cavalcades death metal et une pincée de breaks bien sentis et tranchants à souhait. Chapeau aux musiciens pour l’assise ryhmique ultra plombée et le tempo extrêmement soutenu la plupart du temps, ainsi que pour la superbe inspiration qui leur a permis de nous proposer un skeud si riche, si entraînant, si… Jubilatoire! Ce qui fait vraiment la différence avec un grand nombre de disques au demeurant pourtant excellents, c’est la façon dont les titres résonnent dans notre tête, s’installent pour ne plus jamais quitter les lieux, trônant comme autant d’hymnes empreints d’énergie, d’agressivité, de mélancolie, addictifs et impérissables. Combien de groupes « extrêmes » peuvent se targuer d’une telle réussite? Comme fleuron de la scène française Disphoria se pose là, et tout ce que l’on peut espérer c’est un 2e album qui confirme, voire dépasse les immenses espoirs que l’on a placés en eux. D’ailleurs, à l’heure où j’écris ces lignes, le groupe, qui estime qu’il a évolué vers une musique à la fois « plus mélodique et plus violente », propose depuis peu sur son site un tout nouveau morceau, « The Gift », qui s’inscrit dans la lignée chaotique et brutale de ses prédecesseurs. En attendant l’album complet (qui, on l’espère, bénéficiera d’une distribution à sa hauteur), si vous n’avez pas eu la chance de les voir live, jetez un oeil sur le clip de l’incroyable « Existence »… Vous saurez alors ce que les mots « rage », « talent », « éclectisme », « maîtrise », ou encore « mettre le feu » signifient réellement.

Facebook officiel (plus mis à jour mais bien documenté)

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