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Top Teignes n°5 : (Covers) V’là que maintenant ils se reproduisent entre eux !

Top 5 Machine_Head_-_Burn_My_Eyes

Jusque-là, nous nous étions attardés sur des hommages mettant en valeur des artistes ou des formations issus des sphères non-métal, à part pour les parrains que sont les Maiden, Black Sab’ ou Motörhead. Place désormais aux expériences incestueuses et aux reprises détonantes de groupes et morceaux déjà fort puissants à la base. L’occasion de voir des monstres actuels comme Fleshgod Apocalypse ou Job for a Cowboy pousser les potards et la gnaque encore un peu plus loin, des serial killers de la technicité comme Kalisia ou Gorod se frotter à des ténors ou des curiosités comme Supuration ou Earthtone9 donner leur propre version de titres provenant d’un « milieu » un peu (?) différent du leur. Pas moins de quatre covers réalisées par des frenchies ici, alors, comme se plaisent à le répéter les commentateurs sportifs : ne boudons pas notre plaisir !

10. Fleshgod Apocalypse – « Heartwork » (CARCASS)

Tiré de l’édition limitée de l’album Agony

Top 5 fleshgod

« Heartwork » est un morceau incontournable pour bon nombre d’afficionados du métal extrême, et s’attaquer à une légende peut toujours entraîner son lot de désagréments. Qui n’a jamais vu une horde d’internautes déchaînés dépecer férocement une reprise sur Youtube, alors même que celle-ci s’avérait fort honorable ? Ici, nos furieux Italiens restent relativement dans les clous par rapport à la pierre angulaire engendrée par Carcass, mais ils la personnalisent un chouia à travers le chant et, surtout, en ajoutant leur patte symphonique.

9. Kalisia – « Black Wizard » (EMPEROR)

Tiré du disque bonus de l’album Cybion

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On connaît le niveau auquel se situe Kalisia ainsi que le niveau d’exigence de ses musiciens : 14 ans se sont écoulés entre leur fantastique EP Skies et Cybion, leur premier album, ultra-ambitieux (et ultra-réussi !). On peut évoquer des péripéties qui ont pu faire grandir le delta entre leurs deux seules réelles sorties à ce jour, le fait est que ces zikos basés à Nîmes, comptant dans leurs rangs, entre autres, des transfuges de Hegemon, Fairlight et Malmonde, aiment prendre leur temps et perfectionner leur oeuvre. Un détail qui tombe plutôt bien lorsqu’on choisit de reprendre Loudblast, Emperor, Cynic et Dream Theater.

8. Emperor – « Gypsy » (MERCYFUL FATE)

Tiré de la réédition de In the Nightside Eclipse

Top 5 gypsy

Inutile de parler technique ici, nous sommes face à deux monstres sacrés qui ne demandent qu’à être cités sur des bases de feeling, d’ambiance et de talent, et qui parviennent à reléguer tous les autres aspects au second plan tant ils maîtrisent leur sujet, tant l’auditeur se contente d’être subjugué par ce qu’il entend sans chercher à se poser d’autres questions. Les Norvégiens se sont donc fort logiquement « emperé » de cette ode groovy et mystique à souhait, pour en faire le titre imparable que l’on connaît (Ce qui fait deux titres imparables, du coup, bravo Armand Jadmo). En même temps, quand une chanson prétend figurer sur la playlist de In the Nightside Eclipse, elle n’a pas intérêt à se laisser impressionner par le premier venu, même si c’est pour une réédition. Et y’a pas de viking qui tienne.

7. Solarisis – « Nothing Else Matters » (METALLICA)

Tiré du tribute album Overload 2 – Tribute to Metallica

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Aah, voici venu un de nos chouchous, un groupe de death néerlandais a priori bien peu connu dans nos contrées, à moins que le chanteur ne soit maqué avec Nabilla depuis la semaine dernière, dans ce cas vous auriez pu me prévenir les gras (oui oui, les gras, faute de frappe subliminale, on est métalleux ou on ne laid pas !) (Again ! « Max Schmitt… La la la la la… Again. ») Pourquoi les aime-t-on tant, Yves ? Parce qu’ils sont à part, uniques même. Le genre de groupe immédiatement reconnaissable après quelques notes, qui possède une vibe particulière. Le timbre du chanteur, le son des grattes, l’esprit des compos, voilà pour Solarisis ce qui semble particulièrement carcatériser cette formation. Bon, maintenant que j’ai presque achevé de vous convaincre, la mauvaise nouvelle : ils ont splitté il y a huit ans. Vous savez ce qu’il vous reste à faire : jetez-vous sur Holland is Made of Tofu, l’irrésistible skeud qui les a fait… Hum… Euh… « Connaître ».

6. Supuration – « Shattered » (PARADISE LOST)

Tiré de l’album Reveries

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Parfois, il n’est pas nécessaire de s’étendre trop longuement. Le choix de cette reprise paraît tellement évident est naturel pour nos chers nordistes qu’on peut juste se contenter de remarquer à quel point les funestes British ont pu influencer le son de Supuration (et de SUP), même si, ne nous méprenons pas, cette influence a parfaitement été digérée ensuite pour ne servir qu’à la création, une notion qui revient inlassablement quand on évoque la bande des frères Loez. « Shattered » est donc devenu un titre de Supuration en tant que tel ; le contraire aurait d’ailleurs été bien étonnant, tant leur son et leur songwriting sont singuliers, et il est difficile d’imaginer comment une compo, fusse-t-elle de Paradise Lost, pourrait échapper à leur moulinette.

5. W.I.L.D. – « Davidian » (MACHINE HEAD)

Tiré du EP Happiness is not allowed

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W.I.L.D., anciennement Wild Karnivor, un des poids lourds de la scène française, à n’en pas douter. Leur version de ce véritable tube du métal des nineties (même si votre serviteur lui a toujours préféré « Old », qu’est-ce que vous voulez, personne n’est parfait, et en France on a toujours aimé les outsiders) ne donne pas sa part aux hyènes et l’intervention des deux guests (en provenance de Psykup/Manimal et de GhUSa, sur lequel nous allons très bientôt nous pencher) ne gâche rien, bien au contraire (la fin du morceau est une merveille de cris collégiaux). N’oubliez pas de (re?)découvrir l’autre groupe de presque tous les membres de W.I.L.D., Blood Troopers, et leur excellent Disrespect.

4. Arch Enemy – « Incarnated Solvent Abuse » (CARCASS)

Tiré du EP Dead Eyes See no Future

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Quand on discute entre amoureux de la cause agressive, les deux mots « Arch » et « Enemy », mis bout à bout, créent régulièrement un léger malaise. S’il est de bon goût de vénérer Carcass, il paraît plus délicat d’afficher une affection et/ou un respect profond(s) pour l’un de ses rejetons naturels, le Arch Enemy de Michael Amott, le succès de ce dernier (succès commercial s’entend, car qui les blâmerait pour leur succès critique ?) nuisant indubitablement à sa cause. Déjà, l’évolution des Anglais du grind au death’n roll avait, en son temps, fait remonter pas mal de grincheux morts-vivants à la surface de la terre. Bon, chacun ses égoûts, après tout, reste qu’il est toujours plaisant de voir déterrer un autre bon vieux tube du début des nineties et de pouvoir se délecter d’une nouvelle lecture, surtout que les collègues d’Angela Gossow se montrent rarement avares en branlage de manche.

3. Earthtone9 – « You Again » (SHIHAD)

Tiré du EP Hi-Point

Top 5 earthtone9

Morceau lourd, entêtant, aux accents grungy, enfanté par un groupe forcément culte (des Néo-Zélandais !), « You Again » se voit revêtir une seconde peau puisque ce sont nos proches voisins d’Earthtone9 qui s’attellent à sa transformation et que, à l’instar de nos très proches voisins de SUP/Supuration (Albacore est basé à Boulogne/Mer), ils ont leur monde à part, une aura à part, et un style immédiatement identifiable. Le résultat est classe, donc, et vient aisément se hisser jusqu’au niveau 9 sur l’échelle de Hechter.

2. Job for a Cowboy – (EXHUMED)

Tiré du EP Live Ruination

Top 5 job for

Ouch, une rude bande de fossoyeurs qui s’attaquent à une oeuvre macabre d’une autre sacrée troupe de démineurs à mains nues ! On sera nombreux à se souvenir de l’improbable essor de JFAC il y a une dizaine d’années, en pleine vague Myspace, avec la fulgurante hype faisant écho au morceau « Knee Deep ». Estampillés deathcore à l’époque, ils ont depuis évolué vers un brutal death peut-être un peu plus classique mais certainement pas moins ravageur. La preuve en un peu moins de quatre minutes avec cette deathcover valant son pesant de vers gisants.

1.Gorod – « Textures » (CYNIC)

Tiré du EP Transcendence

Top 5 cynic

Cynic, ou comment créer un sous-genre musical (le death progressif) et influer sur une immense vague de musiciens avec, en tout et pour tout, un unique album trônant dans la vitrine (pendant quinze ans, en tous cas). Il suffit d’écouter « Textures » (l’original) pour se rendre compte de la schizophrénie stylistique arborée par les Floridiens (passés depuis Californiens, ça va, on s’emmerde pas à ce que je vois), le jazz occupant une bonne partie de cet espace réservé aux diverses pérégrinations.
Et Gorod dans tout ça ? Oh, bah Gorod, vous savez, c’est comme la pub pour la glue, une écoute suffit, peu importent les discours, les mecs sont haut, tout là-haut même, ça joue comme dans un rêve, ce qui tombe super bien pour de la musique qui confine souvent à l’onirisme. Et encore, sur le même skeud, vous n’avez pas entendu le titre éponyme ! Une pièce de quinze minutes, ahurissante, démentielle, jamais vue, cochez la case qui convient…
Si ? Vous la connaissez ?
Qu’est-ce que voulez que je vous dise, moi… A part bravo, je vois pas. On en reparlera dans un prochain Top Teignes spécial longs formats, à moins que je renonce à associer des pavés dont la durée cumulée pourrait dépasser celle d’un péplum tibétain réalisé par Stomley Kudbrick.

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